Brûlures, démangeaisons, plaques rouges… Dix ans après le scandale du DMF, certaines chaussures neuves provoquent toujours des réactions cutanées.

Des escarpins aux chaussures de randonnée, en passant par des ballerines pour bébés… Depuis le début 2017, nous avons reçu une quarantaine de témoignages de lecteurs présentant des démangeaisons, plaques rouges et brûlures après avoir porté leurs chaussures neuves pendant quelques jours.

Le fils de Jennifer a 6 ans et n’avait jamais eu de réaction allergique. Fin juin, des brûlures sont apparues sur ses pieds alors qu’il portait des chaussures neuves. Il a donc cessé de les mettre, et les symptômes ont disparu au bout de quelques jours.

Douleurs épouvantables

Danielle, quant à elle, n’a pas eu cette chance. L’un de ses pieds a été complètement brûlé par des chaussures neuves achetées en pharmacie. S’en sont suivi des « douleurs épouvantables ». Après avoir été hospitalisée pendant six jours, elle a dû porter des pansements et marcher avec des cannes pendant plus d’un mois. Une procédure est en cours pour déterminer l’origine du problème.

Plusieurs personnes témoignent également d’allergies liées à des chaussures pour enfants vendues dans les boutiques La Halle. Laurent Lebrin, directeur qualité de l’enseigne, confirme : « Nous enregistrons régulièrement des réclamations de clients pour des suspicions d’allergies. » Leur nombre s’élevait à 49 en 2015 et 39 en 2016. Depuis le début de l’année 2017, l’enseigne en a recensé 20.

Réclamations en baisse

Cette baisse, Laurent Lebrin l’explique par un « assainissement progressif » chez les fabricants de matières premières, en raison d’une concurrence élevée. La Halle affirme également que l’ensemble de ses fournisseurs est testé chaque saison, afin de s’assurer du respect du règlement européen Reach sur la protection de la santé contre les risques chimiques.

Sur les 39 réclamations reçues par l’enseigne en 2016, deux auraient abouti à un retrait des rayons en raison de substances allergisantes : excès de chrome VI dans un cas, traces de nickel dans l’autre. Laurent Lebrin assure qu’aucune des chaussures de l’enseigne ne contient de diméthylfumarate, la substance qui a fait scandale il y a presque dix ans.

Le scandale du diméthylfumarate

En 2008, tous les allergologues d’Europe ont constaté une épidémie sans précédent d’eczéma de contact provoqué par des chaussures ou des canapés neufs en cuir, bien souvent importés de Chine. Après une enquête de plusieurs mois, le responsable s’est avéré être le diméthylfumarate (DMF ou DMFu), un agent antimoisissures présent en grande quantité dans le cuir (jusqu’à 200 mg/kg). Diffusé la plupart du temps via des sachets placés dans la boîte à chaussures, ce biocide pouvait également être directement pulvérisé sur le cuir, comme nous l’expliquions début 2009 dans une enquête sur les chaussures contaminées…

(Source 60millions-mag.com)

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