Pour rappel, en France, la dernière commission d’enquête (1 et 2) a publié cet été le Rapport de la Commission d’enquête chargée de tirer les enseignements de l’affaire Lactalis et d’étudier à cet effet les dysfonctionnements des systèmes de contrôle et d’information, de la production à la distribution, et l’effectivité des décisions publiques…, deux tomes, Tome I (237 pages) et Tome II (378 pages).

Après moult effets d’annonces, cela a-t-il concrètement servi à quelque chose ?

J’ai plutôt l’impression d’avoir eu un catalogue de vœux pieux ?

La question qui se posait au niveau des rappels, principal sujet de ce rapport, était l’information du consommateur, mais aussi le fait que des distributeurs avaient encore conservés des produits en rayon…

Une commission d’enquête ?

Faut-il à chaque procédure de rappel déclencher une commission d’enquête afin de vérifier si tout s’est effectivement passé correctement ?

Pour prendre un exemple, je reviens sur ces trois derniers rappels de l’Atelier Blini, en deux mois, et la façon dont la DGCCRF a communiqué récemment sur le sujet pour apporter quelques compléments d’information :

Dans les deux premiers rappels des mois d’août et d’octobre, l’affichette en magasin rapporte : « Les personnes qui auraient consommé ce produit non cuit… ».

En clair, cela veut-il dire que les produits sont crus ?

Dans le troisième rappel, la DGCCRF indique qu’il s’agit du « rappel des entrées chaudes décongelées vendues au rayon frais de marque Atelier Blini ».

Je passe sur le fait que ces produits ne sont pas « frais », mais transformés réfrigérés, ce qui n’est pas la même chose, et que ces produits ont été congelés puis décongelés au dernier moment pour les envoyer en distribution… mais le consommateur le sait-il ?

Enfin, dans l’avis du troisième rappel du 18 octobre, il est noté :

Les personnes qui auraient consommé ces produits sans respecter les consignes de préparation mentionnées sur l’étiquetage…

On progresse…

Les consignes de préparation sont vraisemblablement tellement petites qu’on voudrait ici rendre les consommateurs responsables, au cas où un problème surviendrait…

Signalons, dans ce contexte, que le communiqué du ministère de l’agriculture sur ce troisième rappel, Retrait et rappel de produits de la marque l’atelier Blini, ne mentionne pas les deux rappels précédents… mais il indique que « Cette mesure fait suite à un plan de contrôle renforcé après un rappel de falafels datant du mois d’août, réalisé en accord avec les pouvoirs publics ».

Pas d’information sur la préparation des produits signalée dans le troisième avis de rappel mentionné plus haut…

En effet, dans ce genre de produits pour « apéro », peu de consommateurs cuisent à cœur les produits, ils se contentent au mieux de les réchauffer ; on lira à ce sujet l’article, Les nuggets de poulets, vous les aimez comment ?

Concernant les falafels, l’Atelier Blini indique sur son site Internet :

A réchauffer 10 minutes au four à 200°C et à retourner à mi-cuisson. Il suffit de les passer 2 minutes sous le grill pour obtenir des bouchées bien croustillantes.

Est-ce suffisant pour détruire Listeria ?

Des informations plus détaillées sur l’utilisation de ce type de produit doivent être beaucoup plus explicites… et surtout validées, HACCP oblige !

Quid des autres produits ?

Enfin, last but not the least, le site Oulah ! sur sa page Facebook pose la question de la sécurité des aliments des autres produits non concernés par ces rappels, en mettant en ligne les éléments ci-dessous :

Cette question peut donc se poser dans la mesure où la DGCCRF nous a expliqué le 19 octobre concernant le rappel de plusieurs produits que « l’origine de la contamination n’a pas été correctement maîtrisée ».

À suivre…

par Albert Amgar*

* Albert Amgar a été pendant 21 ans le dirigeant d’une entreprise de services aux entreprises alimentaires ; il n’exerce plus aujourd’hui, car retraité. Au travers de son blog il nous a livré des informations dans le domaine de l’hygiène et de la sécurité des aliments.