Le bilan 2017 du RASFF de l’UE vient de paraître et les qualificatifs se bousculent, du jamais vu, pourrait-on dire…

On pourra aussi lire les bilans du RASFF 2016, 2015, 2014, 2013, 2012 et 2011.

Avant d’aborder ce dernier bilan publié par la Commission européenne, il me faut vous rapporter au préalable ce consternant avis de rappel mis en ligne par la DGCCRF le 25 septembre 2019 : Avis de rappel de samoussas poulet 40 g x 4 de marque Auchan le Traiteur.
Le grave souci provient du fait qu’Auchan a mis en ligne cet avis de rappel… le 12 septembre 2018 !
Voilà, c’est tout, mais cela valait bien la peine d’être souligné…

Revenons donc à ce bilan 2017 du RASFF… et pas besoin de commenter, le bilan parle de lui-même… voici donc une sélection dans un rapport parfois assez confus de 58 pages.

En 2017, un total de 3 832 notifications initiales ont été transmises via le RASFF, dont 942 ont été classées comme notifications d’alertes, 596 comme notification d’information nécessitant un suivi, 706 comme notifications d’information d’attention et 1 588 comme notifications de rejet aux frontières.

Ces notifications initiales ont donné lieu à 9 117 notifications nécessitant un suivi, soit une moyenne de 2,4 notifications nécessitant un suivi par notification initiale.

Pour les notifications d’alerte cette moyenne passe à un impressionnant 6,1 notifications nécessitant un suivi par notification initiale.

Par rapport à 2016, le nombre de notifications d’alerte, impliquant un risque grave pour la santé d’un produit circulant sur le marché, a augmenté de 11%, avec 24% de suivis transmis de plus.

Les chiffres globaux présentent une augmentation très significative de 28% des notifications initiales par rapport à 2016, ainsi qu’une augmentation de 25% des notifications de suivi, ce qui se traduit par une augmentation globale de 26%. Nous devons remonter douze ans en arrière, en 2005, pour constater une augmentation relative de l’activité de cette ampleur dans le RASFF!

Notons qu’en ce qui concerne les notifications 2017 au RASFF pour les produits d’origine France, nous avons eu 133 notifications, 131 selon d’autres données du même bilan. En 2018, année en cours, nous en sommes déjà à 168 !

Pour l’année 2018 en cours, selon une étude américaine, « La France en deuxième position pour les notifications au RASFF de l’UE pour les produits d’origine France au deuxième trimestre 2018 », à suivre…

Micro-organismes pathogènes

414 notifications

Il a été noté une augmentation de 18% des notifications pour les micro-organismes pathogènes en 2017 par rapport à 2016.

Salmonella est plus que jamais le pathogène le plus fréquemment signalé dans les denrées alimentaires des pays membres de l’UE (207 notifications, en hausse de 22%), mais il en va de même pour les pays tiers (471 notifications). Les viandes occupent la majeure partie des notifications mais aussi certaines notifications concernent les œufs avec Salmonella Enteritidis en particulier.

561 notifications pour la présence d’agents pathogènes dans les aliments provenant des pays non-membres de l’UE et plus que jamais les résultats sont dominés par Salmonella.

Parmi les pathogènes, citons quelques situations récurrentes concernant la France qui méritent d’être rapportées à propos de Listeria monocytogenes, norovirus et Campylobacter.

Listeria monocytogenes

La France a été notifiée 11 fois pour la présence de Listeria monocytogenes dans du fromage. Il n’y avait pas d’opérateurs alimentaires récurrents.

La France est le pays le plus fréquemment notifié pour la présence de Listeria monocytogenes. La principale raison est liée aux autocontrôles de fromages par les entreprises (10 notifications), dont la plupart ont été notifiées par la France. Pour deux notifications notifiées par d’autres pays que la France, les constatations initiales sont remontées aux propres autocontrôles du producteur en France et au retrait subséquent. Les produits concernés sont souvent des fromages au lait cru.

Pour information, en 2018, année en cours, nous en sommes à 15 notifications pour des produits d’origine France, dont 11 notifications concernant des fromages au lait cru.

Norovirus

Il y a eu 23 notifications concernant norovirus, dont 10 se rapportaient à norovirus dans des huîtres de France, avec deux opérateurs récurrents.

Pour information, en 2018, année en cours, nous en sommes à 36 notifications pour des produits d’origine France et en particulier les huîtres.

Campylobacter

Le Danemark a notifié 10 fois la présence de Campylobacter, le plus souvent sur du poulet réfrigéré.

9 notifications sur 10 ont concerné la France.

Pour information, en 2018, année en cours, le Danemark a notifié 15 fois la présence de Campylobacter dans des produits d’origine France.

Résidus de pesticide

Les résidus de pesticides arrivent en seconde position dans le top 10 des dangers avec 186 notifications.

Le nombre de notifications sur les résidus de pesticides des produits importés dans l’UE a chuté significativement par comparaison avec 2016.

Le cas du fipronil dans les œufs

109 notifications

Les résidus de pesticides se sont classés au deuxième rang des 10 principaux dangers pour les produits originaires des pays membres de l’UE.

Cela est principalement dû à l’incident concernant la découverte de résidus de fipronil dans des œufs. Il convient toutefois de noter que la présence de fipronil dans les œufs était liée à l’utilisation illégale du fipronil en tant que médicament vétérinaire ou biocide et n’était pas liée à son utilisation en tant que pesticide.

Métaux lourds

122 notifications

Le problème des métaux lourds est encore dominé par les analyses de mercure dans les poissons, principalement d’Espagne, et notifié de façon prédominante par l’Italie.

Allergènes

114 notifications

Le lait, le gluten, le soja et les fruits à coque sont les allergènes les plus fréquemment signalés. Les céréales et les produits de boulangerie sont les plus souvent notifiés. Les problèmes relatifs aux allergènes ne sont pas tous harmonisés dans la législation de l’UE.

Mycotoxines

529 notifications dont 404 rejets aux frontières

Comparées à 2016, les aflatoxines sont encore le type dominant de mycotoxine qui sont rapportées au RASFF en 2017.

Pour la première fois depuis très longtemps, le nombre de notifications liées aux micro-organismes pathogènes dans les denrées alimentaires provenant des pays tiers est plus élevé que le nombre de notifications sur les problèmes liés aux mycotoxines.

 

par Albert Amgar*

* Albert Amgar a été pendant 21 ans le dirigeant d’une entreprise de services aux entreprises alimentaires ; il n’exerce plus aujourd’hui, car retraité. Au travers de son blog il nous a livré des informations dans le domaine de l’hygiène et de la sécurité des aliments.