En pleine controverse sur ce qui se passe en France où nos autorités sanitaires sont toujours à la recherche de « quelques kilos de marchandises selon les établissements » potentiellement contaminées par Listeria, et de plus nos autorités peinent à répondre … voire restent opaques …

60 Millions a raison de demander « Où est la charcuterie potentiellement contaminée ? »

De la charcuterie suspectée de contenir des listérias a été importée en France. Les autorités gardent le silence sur les établissements concernés.

La seule information du consommateur est l’affichette dont je pense comme 60 Millions,

  … déposer des affichettes est loin d’être satisfaisant, car elles sont rarement vues par les clients. 60 Millions  réclame depuis longtemps une amélioration des dispositifs d’information sur les rappels de produits.

Les consommateurs réclament tout simplement une information claire, simple, rapide … et surtout transparente …
Dans ce contexte un ministre est monté au créneau parce que selon DH.net de Belgique du 17 octobre 2019, s’agissant de la « Contamination à la listeria : déjà 23 rappels organisés par l’Afsca en dix mois »

Outre les rappels réalisés suite au drame survenu aux Pays-Bas où des aliments contaminés à la listeria ont causé la mort de trois personnes, l’Afsca a effectué au total, depuis janvier 2019, pas moins de 23 rappels de produits potentiellement contaminés en Belgique.

Il me faut vous dire que la Belgique est plus ou moins touché par ce qui se passe aux Pays-Bas où sévit une éclosion à Listeria et l’AFSCA a communiqué à deux reprises à ce sujet, le 4 et le 6 octobre 2019. La Belgique est aussi concernée un peu par ce qui se passe en Allemagne et des rappels ont été publiés rapidement. Le blog en a parlé ici et ici.

Dans le cas des aliments vendus par la chaîne Aldi, c’est une entreprise néerlandaise de production qui était en cause. Notre agence fédérale de sécurité alimentaire a plutôt bien réagi en procédant rapidement aux retraits nécessaires sur le marché belge.

Mais pour le ministre compétent, Denis Ducarme (Mouvement Réformateur), il faut pouvoir agir plus vite encore à l’avenir. Il appelle l’Europe à trouver de nouveaux outils pour protéger la santé des consommateurs.

« L’Afsca a parfaitement rempli sa mission mais nous devons néanmoins pouvoir tirer un certain nombre d’enseignements et explorer des pistes permettant d’améliorer encore davantage les outils d’anticipation et de gestion de situations telles que celle à laquelle sont confrontés les Pays-Bas », commente Denis Ducarme, qui préconise l’intégration des cas de suspicion de maladies alimentaires dans le RASFF, le système d’alerte européen qui signale les problèmes relatifs aux produits agroalimentaires aux États membres. « La technologie blockchain pourrait également offrir des opportunités supplémentaires en matière de traçabilité des aliments », commente le ministre, qui préconise aussi une analyse approfondie des cas de listeria au niveau européen.


Il me faut aussi vous dire qu’en France, certes nous avons une agence sanitaire, l’Anses, mais elle ne s’occupe pas de contrôles des produits alimentaires, ni de la gestion des risques sanitaires, ni des rappels des produits alimentaires, contrairement à l’AFSCA en Belgique.
Nos autorités, quoi qu’elles en disent, n’ont plus les moyens humains pour assurer leurs missions, et cela se voit de plus en plus dans l’information, la communication et la transparence de ce qui est entrepris, le doute chez le consommateur s’installe …

Regardons les chiffres concernant les rappels de produits alimentaires en France, concernant Listeria monocytogenes, nous avons eu, selon Oulah!, une initiative citoyenne et la seule plateforme qui informe des rappel de produits, 57 avis de rappel ayant pour cause la présence de Listeria, mais aussi 27 pour la présence de Salmonella et 36 pour Escherichia coli.
Je n’ai pas le sentiment qu’un ministre se sente concerné …
Si l’on regarde au niveau du RASFF de l’UE, il y a eu 162 notifications pour les produits d’origine France au 17 octobre 2019 qui, au niveau des dangers microbiologiques, se peuvent se décomposer ainsi :

• 23 notifications pour la présence de Salmonella, dont deux notifications pour intoxication alimentaire suspectée
• 21 notifications pour la présence de Listeria monocytogenes, dont une notification pour intoxication alimentaire suspectée
• 18 notifications pour la présence d’Anisakis
• 12 notifications pour la présence de E. coli producteurs de shigatoxines, dont une notification pour intoxication alimentaire suspectée
• 6 notifications pour la présence de norovirus, dont quatre notifications pour intoxication alimentaire suspectée

Bien entendu, le passé étant ce qu’il est, je ne reviendrais pas sur le mauvais bilan au niveau du RASFF 2018 pour la France …, mais celui de 2019 ne s’annonce pas sous les meilleurs hospices …


par Albert Amgar*
* Albert Amgar a été pendant 21 ans le dirigeant d’une entreprise de services aux entreprises alimentaires ; il n’exerce plus aujourd’hui, car retraité. Au travers de son blog il nous a livré des informations dans le domaine de l’hygiène et de la sécurité des aliments.