Le pays a interdit l’importation de plusieurs fromages dont celui du Combalou.

La nouvelle est tombée vendredi. Le roquefort, comme d’autres fromages à pâte môle ou persillée, est désormais interdit à l’importation en Chine. Une nouvelle surprenante pour le député européen aveyronnais, José Bové. « L’argument des raisons sanitaires ne tient pas puisque même les pays les plus restrictifs à ce niveau-là, comme les États-Unis, autorisent l’importation de roquefort, analyse-t-il. Pour moi, c’est un prétexte. Une mesure de rétorsion économique. Point barre. »

Et dans le monde très opaque des discussions commerciales, où les lobbys sont nombreux, il est difficile d’y voir clair sur les raisons de cette attaque frontale contre les AOP françaises. « Ça arrive à un moment curieux, reprend Bové. Il n’y a pas de conflits entre la Chine et l’Europe sur les produits agroalimentaires. Mais il y en a dans d’autres secteurs. »

Et d’avancer l’hypothèse du chantier actuel de la réglementation des panneaux solaires. En effet, depuis quelques années, l’Europe reproche à la Chine de casser les prix dans ce domaine. Et donc de faire en quelque sorte une concurrence déloyale. « Il y a eu cette semaine une décision de la Commission européenne, qui a été loin de faire l’unanimité, reprend le député européen. Elle a décidé d’imposer aux Chinois de monter leurs prix. Une décision qui ne plaît visiblement pas là-bas. » Et qui aurait donc eu pour conséquences l’interdiction annoncée vendredi.

Tant que les autorités chinoises n’ont pas communiqué sur la question, cette explication reste une hypothèse, mais elle semble, selon plusieurs sources proches du dossier, être plus que probable.

Peu d’impact économique

Interdire l’importation a une forte valeur symbolique, mais de faibles répercussions économiques. La Chine ne représente qu’un tout petit pourcentage de consommateurs. « Au-delà de l’impact économique, c’est très pénible, soupire Jérôme Faramond, président de l’interprofession. On a déjà connu ça avec les États-Unis. À chaque fois qu’il y a des mesures de rétorsion, le roquefort est pris en otage. C’est déplorable et démobilisant. » Un avis partagé par Thierry Agrinier, président de la section ovin à la FDSEA de l’Aveyron. « C’est regrettable puisque la Chine est un pays en pleine évolution sur le plan culinaire, enchaîne-t-il. La restauration est le premier moyen pour faire connaître les produits. Les efforts vont s’arrêter là. » À la Confédération paysanne, on n’est pas plus inquiet. « La terre ne s’est pas arrêtée de tourner, on s’en serait aperçu », sourit Laurent Reversat, le porte-parole aveyronnais. La situation étant parfois plus délicate pour d’autres fromages, le dossier est dans les mains du ministre de l’Agriculture. Nul doute que celui-ci sera interrogé dessus vendredi prochain, lors de sa visite en Aveyron.

(Source centrepresseaveyron.fr)

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