Je me doute bien qu’il n’y a pas assez de personnel, soit pour réaliser les contrôles et/ou les inspections, mais le cas du contrôle des huiles d’olive semble être un cas à part… tant les non-conformités sont légions… et depuis plusieurs années…

Prenez le dernier communiqué de la DGCCRF du 21 septembre 2018, sur le « Plan de contrôle 2016 des huiles d’olive ».
On apprend que les résultats des contrôles datent de… 2016, c’est-à-dire presque deux ans auparavant…

Les huiles d’olive font l’objet d’une attention particulière de la DGCCRF dans le cadre de sa mission de protection des consommateurs. Dans le cadre de son plan de contrôle annuel mené en 2016, les enquêteurs de la DGCCRF ont ainsi prélevé pour analyse 139 échantillons d’huile d’olive. 48 % d’entre eux n’étaient pas conformes à la réglementation. Il s’agissait majoritairement d’huiles d’origine étrangère présentant des défauts de qualité qui ont entraîné leur reclassement dans une catégorie de produits de qualité inférieure.
[…]
Les enquêteurs de la DGCCRF ont contrôlé 286 établissements du secteur des huiles d’olive : distributeurs, sites internet, grossistes et négociants, moulins (producteurs), marchés et foires. 42 % d’entre eux présentaient des anomalies (jusqu’à 59 % pour les sites internet).
[…]
Un échantillon sur quatre a été déclaré « à surveiller » et 67 échantillons (48 %) ont été déclarés non conformes à la réglementation.

Pas bien brillant me direz-vous ?
La conclusion vaut son pesant de cacahuètes :

Le taux de non-conformité reste à un niveau très élevé dans le secteur des huiles d’olive depuis plusieurs années. La communication sur l’origine des huiles d’olive vierge et vierge extra imposée par la réglementation de même que les contrôles réguliers demeurent en conséquence pleinement justifiés.

En effet, si l’on regarde le précédent « Plan de contrôle 2015 des huiles d’olive », publié le 18 janvier 2017

L’enquête nationale de la DGCCRF sur les huiles d’olive porte sur la qualité et l’étiquetage des produits commercialisés en France et s’articule avec la surveillance du marché dans tous les pays de l’Union européenne, en application de la réglementation communautaire. Ces contrôles visent à maintenir une surveillance active dans un secteur où les manquements à la réglementation sont nombreux : tromperie sur l’origine des olives, défaut d’étiquetage, non-respect des mentions obligatoires, utilisation de labels frauduleux, etc. De fait, le bilan des contrôles réalisés en 2015 confirme cette situation : 41% des produits et 25 % des professionnels contrôlés ne respectaient pas la réglementation.

En conclusion, on apprenait que la justice serait saisie :

On retient en particulier de cette enquête qu’elle a mis en évidence des pratiques de francisation et de mise sous AOP de grande ampleur qui ont conduit à l’ouverture d’une information judiciaire. Face aux constats opérés, concernant de nombreux opérateurs, plusieurs commissions rogatoires ont été confiées à différentes autorités de contrôle.

… que les contrôles réguliers demeurent en conséquence pleinement justifiés, soit, mais nous avons « 25% des établissement qui ne respectaient pas la réglementation en 2015 » versus un taux de non-conformité de 41% en 2016 !

On lira aussi d’autres résultats d’un plan de contrôle publié le 29 janvier 2015 ; on ne saura pas à quelle année (2014 ?) il se réfère, mais on y apprend :

Le Service commun des laboratoires (SCL) de Marseille a analysé, dans le cadre de cette enquête, 143 prélèvements : 30 % des échantillons ont été déclarés « conformes »

Ce qui ne revient pas à dire que 70 % des échantillons ne sont pas conformes, petite subtilité, 22,4 % ont été jugés « à surveiller » et 46 % sont non-conformes… ah mais…

Nous avons aussi 341 établissements visités par la DGCCRF en 2014 versus 301 en 2015 et 286 en 2016, la baisse des contrôles se voit donc clairement malgré des effets d’annonce… ici comme ailleurs…

Le comique de l’histoire vient de la conclusion du contrôle des olives 2014 :

En définitive, il apparaît que les manquements (46 %) restent nombreux dans le secteur de l’huile d’olive. On observe cependant une réelle amélioration par rapport à l’année dernière (57,3 %).

Ce que semblent démontrer ces résultats des plans de contrôle des huiles réalisés par la DGCCRF qui se répètent sans grand changement significatif, année après année, c’est « pas vu, pas pris »… ou un remake du « jeu du chat et de la souris »…

par Albert Amgar*

* Albert Amgar a été pendant 21 ans le dirigeant d’une entreprise de services aux entreprises alimentaires ; il n’exerce plus aujourd’hui, car retraité. Au travers de son blog il nous a livré des informations dans le domaine de l’hygiène et de la sécurité des aliments.