Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la région européenne ne peut pas se permettre de perdre de vue d’autres menaces pour la santé lors de l’épidémie de coronavirus.

Des responsables du Bureau régional de l’OMS pour l’Europe ont dit que des aliments dangereux affectent toujours des millions de personnes pendant la pandémie de COVID-19 et que la région doit continuer à améliorer la sécurité sanitaire des aliments.

On estime que chaque année, 23 millions de personnes tombent malades dans la région européenne de l’OMS et 4 700 décèdent après avoir consommé des aliments contaminés, selon les données publiées par l’OMS en 2015. Les aliments dangereux jouent également un rôle dans le développement socio-économique des pays car ils affectent le commerce international et les débouchés.

En 2019, l’OMS Europe a averti que ces chiffres n’étaient que la pointe de l’iceberg et que le nombre réel de cas n’était pas connu. Les statistiques se traduisent par 44 personnes tombant malades chaque minute à cause d’aliments contaminés.

Le risque ne peut être éliminé; il faut le gérer

Le Dr Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe, a dit « La sécurité sanitaire des aliments est une question de santé complexe, et c’est l’affaire de tous. Les risques liés à la sécurité sanitaire des aliments ne peuvent pas être entièrement éliminés, mais doivent être gérés tout au long de la chaîne alimentaire, de la ferme à la table. La réduction des risques dans ce domaine exige une collaboration entre les secteurs et les parties prenantes, et à travers les frontières nationales. »

Cette année, la Journée mondiale de la sécurité sanitaire des aliments est célébrée en pleine pandémie de COVID-19. Si cette crise requiert à juste titre une attention de haut niveau de la part des gouvernements, des entreprises et du public, la Région européenne ne peut se permettre de perdre de vue les autres menaces sanitaires, et doit continuer à améliorer la sécurité sanitaire des aliments. Cela doit notamment impliquer :

– un leadership et un engagement de haut niveau de la part des responsables politiques ;
– une coordination entre les secteurs, les parties prenantes et les pays et l’établissement de partenariats entre ces derniers ;
– l’allocation de ressources adéquates ;
– la responsabilité de tous les acteurs concernés afin de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité sanitaire des aliments.

Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), le nombre de signalements d’épidémies d’origine alimentaire dans le système utilisé pour détecter et évaluer les incidents multinationaux a diminué en avril, mais l’activité est revenue à la normale en mai.
L’OMS Europe travaille avec les autorités de santé et de sécurité sanitaire des aliments de la région pour mettre en œuvre le Plan stratégique pour la sécurité sanitaire des aliments, y compris les zoonoses d’origine alimentaire 2013-2022.

Les causes les plus fréquentes de maladies d’origine alimentaire sont des agents pathogènes tels que norovirus, Campylobacter et la toxoplasmose parasitaire. Salmonella non typhique cause le plus de décès. Les autres causes de décès comprennent Listeria monocytogenes et Echinococcus multilocularis.

L’EFSA sensibilise à la sécurité des aliments

Un sondage de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a révélé l’année dernière que si 2 Européens sur 5 sont intéressés par la sécurité des aliments, seulement 1 sur 5 dit que c’est leur principale préoccupation lors du choix des aliments. Les aliments dangereux contenant des bactéries, des virus, des parasites ou des substances chimiques nocifs provoquent plus de 200 cas de maladie.

« La pandémie de COVID-19 est un rappel opportun des dangers posés par les agents pathogènes et de l’importance de bonnes pratiques d’hygiène. Bien que les aliments ne soient pas une source ou un véhicule de transmission du COVID-19, l’urgence a trop douloureusement montré l’impact que ces maladies peuvent avoir sur la santé publique et le bien-être socio-économique », a dit Bernhard Url, directeur général de l’EFSA.
« Il ne fait aucun doute que la sécurité des aliments en Europe est une responsabilité partagée. La coopération permet non seulement de partager la charge de travail et les ressources nécessaires, mais fournit également le réseau pour canaliser les informations et les meilleures pratiques afin que chacun en Europe puisse bénéficier du système de l’UE. »

L’EFSA a organisé une session de questions-réponses sur Twitter cette semaine avec des réponses de Url et du secrétaire du Codex, Tom Heilandt. Des questions ont été soumises par des particuliers et des groupes tels que le BEUC (Organisation européenne des consommateurs) et FoodDrinkEurope, qui représente l’industrie européenne des produits alimentaires et des boissons.

En réponse à une question de Food Safety News sur la tendance des infections à E. coli producteurs de shigatoxines (STEC), Url a dit: « En examinant les années précédentes, les STEC ont été stables de 2016 à 2017, devenant la troisième maladie la plus signalée dans l’UE. en 2018. Nous examinerons les données de 2019 lorsqu’elles auront été collectées et nous verrons s’il y a une tendance à la hausse constante. »

Url a dit qu’il n’y avait pas de réponse simple lorsqu’on lui a demandé une augmentation du nombre de personnes malades, hospitalisées et décédées dans des épidémies d’origine alimentaire dans l’UE en 2018 par rapport à 2017.
« Il existe des fluctuations annuelles qui pourraient être influencées par de nombreux facteurs, notamment les saisons, les voyages et le climat. C’est pourquoi nous avons tendance à examiner les tendances pluriannuelles qui permettent de comparer les chiffres globaux », a-t-il déclaré.
Peut-être que la baisse des inspections joue-t-elle un rôle ? (NDLR Albert Amgar)

Un porte-parole de l’EFSA a dit que la crise du COVID-19 a souligné le rôle crucial de la préparation, de la surveillance et de la collaboration interdisciplinaire aux niveaux national, régional et international ainsi que de l’hygiène alimentaire de la ferme à l’assiette.

« En consultation avec la Commission européenne et l’ECDC, l’EFSA a accordé un mois supplémentaire aux États membres pour respecter leur délai légal de déclaration », a dit le porte-parole. « Il reste à voir l’impact de la réaffectation des ressources du COVID-19 par les États membres sur la qualité des données, le cas échéant. Cela sera vérifié lorsque nous analyserons les données. »


par Albert Amgar*
* Albert Amgar a été pendant 21 ans le dirigeant d’une entreprise de services aux entreprises alimentaires ; il n’exerce plus aujourd’hui, car retraité. Au travers de son blog il nous a livré des informations dans le domaine de l’hygiène et de la sécurité des aliments.

Source :  https://www.foodsafetynews.com/2020/06/who-unsafe-food-continues-to-affect-millions-in-europe/