Les principaux suspects du scandale du fipronil dans les œufs de 2017 ont été condamnés à un an de prison par un tribunal néerlandais.

Les dirigeants de Chickfriend et Chickclean ont été condamnés à 12 mois de prison pour avoir utilisé du fipronil dans des élevages avicoles aux Pays-Bas et mis en danger la santé publique.

Les hommes de 28 ans et 35 ans se sont présentés comme des spécialistes de la lutte contre les acariens rouges et ont proposé une solution pour le secteur avicole. Les acariens rouges sucent le sang des poulets, ce qui peut entraîner une réduction de la production d’œufs et une vulnérabilité accrue aux maladies.

Le tribunal a appris qu’ils vendaient sciemment un produit pour désinfecter les poulaillers contenant du fipronil, qui était interdit pour une telle utilisation et négligeait la sécurité des aliments, et causait des risques pour la santé, des dommages environnementaux et économiques.

Chronologie de l’incident

Entre 2015 et 2017, ils ont nettoyé les hangars de 283, soit environ 20 pour cent, de tous les éleveurs de volaille des Pays-Bas. Lorsque cela a été révélé en 2017, des centaines d’élevages ont été fermés, des millions de poulets ont été tués et des dizaines de millions d’œufs détruits.

Les risques pour la santé des personnes liées à la consommation d’œufs contaminés au fipronil ont été jugés très faibles, mais des préoccupations ont également été soulevées concernant l’exposition des éleveurs pendant leur travail.

Les deux sociétés se sont vu infliger une amende conditionnelle de 25 000 euros assortie d’une période d’essai de trois ans. Tout l’argent devrait aller aux parties concernées, telles que les éleveurs de volaille, selon le tribunal.

Le tribunal n’a vu aucune raison de fermer l’entreprise car aucune activité n’a eu lieu pendant une longue période et il n’y a aucune indication d’opérations à l’avenir.

En juillet 2017, l’Autorité néerlandaise de sécurité des produits alimentaires et de consommation (NVWA) a effectué une inspection après que l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) de Belgique a alerté la NVWA en juin 2017 que du fipronil avait été retrouvé dans des œufs d’une entreprise belge qui avait été traité avec un produit appelé Dega-16 contre des acariens rouges.

Le tribunal a conclu que le fipronil était la substance active de Dega-16, Dega 1 L, Dega P, Fyprorein, Fyprocleaner et Menthol-vanter. Il a ajouté que l’amitraz était utilisé à Miteclean pour lutter contre les acariens rouges. Les deux substances n’étaient pas autorisées à être utilisées pour lutter contre les acariens rouges.

Les suspects ont acheté la plupart des produits à un fournisseur belge et les ont utilisés pour lutter contre les acariens rouges sans vérifier que toutes les substances étaient autorisées. L’étiquetage du Dega-16 n’indiquait pas qu’il contenait du fipronil et les éleveurs de volaille ont indiqué à l’enquête que les suspects ne voulaient pas dire exactement ce qu’il y avait dans le produit.

Autres décisions et statuts en Belgique

Un autre jugement rendu en mars a condamné les éleveurs de volailles qui ont tenu la NVWA responsable des dommages qu’ils ont subis dans le cadre de la crise de 2017.

Les agriculteurs pensaient que la NVWA aurait dû prendre des mesures contre Chickfriend plus tôt, mais leurs demandes ont été rejetées par le tribunal qui a statué que les éleveurs de volaille eux-mêmes sont principalement responsables de la qualité des œufs qu’ils produisent.

En Belgique, 76 opérateurs du secteur primaire et 31 des secteurs de la transformation et de la distribution touchés par l’utilisation illégale du fipronil ont été indemnisés, pour un montant total de 12 millions d’euros.

Sept personnes et quatre entreprises sont fixées pour une date d’audience dans le pays plus tard ce mois-ci.

Les cinq hommes sont âgés de 27, 35, 48, 52 et 64 ans de Ravels, Kortemark, Torhout, Melle, Houthalen-Helchteren et Libramont-Chevigny. Deux femmes âgées de 36 et 37 ans originaires d’Anvers et de Chaam et quatre sociétés de Ravels, Torhout, Melle et Hamois ont également été déférées au tribunal.


Traduction par Albert Amgar*
* Albert Amgar a été pendant 21 ans le dirigeant d’une entreprise de services aux entreprises alimentaires ; il n’exerce plus aujourd’hui, car retraité. Au travers de son blog il nous a livré des info

Source : https://www.foodsafetynews.com/