PRIX – Les fruits et légumes bio vendus en grande surface sont en moyenne 79% plus chers que leurs équivalents en agriculture conventionnelle, selon l’UFC-Que Choisir. La faute aux « marges exorbitantes » pratiquées par les enseignes, alors qu’en les minorant, elles en vendraient à coup sûr de plus gros volumes.

Les ventes de produits issus de l’agriculture biologique ont été multipliées par 3,5 (en chiffre d’affaires) en moins de dix ans. La part de marché des grandes surfaces grappille chaque année un peu de terrain sur les magasins bio spécialisés. Et pourtant, les supermarchés et hypermarchés vendent encore 35 fois moins de fruits et légumes bio que non bio (en volume). Il faut dire que, sur le ticket de caisse, la différence est flagrante : le panier de fruits et légumes bio est 79% plus cher que son équivalent en agriculture conventionnelle, selon une étude dévoilée ce mardi 29 août 2017 par l’UFC-Que Choisir.

Selon cette enquête, sur une année entière, cela représente 660 euros pour un ménage moyen (2,3 personnes) qui achèterait ses fruits et légumes exclusivement bio en grande surface. La facture totale tombe à 368 euros en agriculture conventionnelle, soit une dépense supplémentaire de 292 euros par an. Cette moyenne cache bien sûr des disparités. Si les choux fleur bio (2,02 euros/kilo HT) ne sont que 27% plus cher que le non bio (1,59 euro/kilo HT), les carottes sont facturées le double (2,33 euros/kilo en bio, 1,17 euro/kilo en non bio) et les pêches deux fois et demi plus (6,64 euros/kilo HT en bio, 2,64 euros/kilo HT en non bio).

Même les tomates (5,48 2,82 ) et les pommes (3,85 1,66, qui sont pourtant les produits frais les plus consommés, sont autour de deux fois plus chères quand elles sont issues de l’agriculture biologique. De façon qui peut sembler paradoxale, les fruits et légumes bio vendus en magasins spécialisés (Biocoop, Naturalia etc) sont en moyenne 25% moins chers qu’en grande surface, selon une étude de terrain publiée dans un dossier consacré au bio dans le mensuel Que-Choisir de septembre.

Des marges deux fois plus élevées pour le bio

La faute aux « marges exorbitantes de la grande distribution », explique l’association, qui assure que 46% du surcoût du bio provient en fait des « sur-marges » que les supermarchés et hypermarchés réalisent sur le bio. Certes, à leur niveau, se fournir en produit bio coûte cher car les rendements agricoles sont moins élevés, la main d’oeuvre plus importante, les économies d’échelle absentes, sans oublier que le coût de la certification bio (à la charge des maraîchers et arboriculteurs) est répercuté. Mais, à la caisse, les retombées de ce surcoût agricole, ne représentent que 141 euros sur le panier pris en comme référence par l’association, soit seulement la moitié de ce que le consommateur paie en plus.

(Source lci.fr)

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