A l’occasion de la journée des droits des consommateurs, le 15 mars, Marie Friant-Perrot, juriste spécialisée dans les questions liées à la consommation alimentaire et maître de conférences à l’université de Nantes, décrypte les avancées en la matière et donne des pistes pour demain.

Les citoyens sont de plus en plus conscients que leur alimentation a des conséquences sur leur santé et sur l’environnement. Environ 40% des Français ne seraient pas satisfaits de l’information donnée sur les étiquettes selon une étude Opinion Way et près de 73% achètent du bio au moins une fois par mois alors qu’ils n’étaient que 42% il y a dix ans, d’après le dernier baromètre réalisé par l’Agence Bio. Mais de quels pouvoirs disposent-ils vraiment ? A l’occasion de la journée des droits des consommateurs, le 15 mars, Marie Friant-Perrot, juriste spécialisée dans les questions liées à la consommation alimentaire et maître de conférences à l’université de Nantes, décrypte les avancées en la matière et donne des pistes pour demain.

Y a-t-il eu une réelle évolution des droits des consommateurs depuis l’entrée dans la «société de consommation» dans les années 1950-60 ?

Oui, surtout depuis le début des années 1970. En France, cela a été marqué par une crise sanitaire importante : l’affaire du talc Morhange en 1972, qui avait entraîné la mort de plus de trente nourrissons. Elle a entraîné l’adoption d’un certain nombre de dispositions protectrices des consommateurs. Depuis, nous avons vraiment développé un droit de la consommation, qui se caractérise notamment par l’adoption d’un code de la consommation.

Un Quelles sont les principales protections du consommateur aujourd’hui ?

Nous avons amélioré la transparence. Pour que le consommateur connaisse en amont les caractéristiques des produits, des services et des prix. Du côté de la protection des intérêts économiques des consommateurs, nous avons lutté contre les pratiques commerciales déloyales telles que les publicités trompeuses, par exemple le fait de mettre un dessin de fleur de vanille alors que l’ingrédient n’est pas présent et qu’il y a uniquement des arômes artificiels.

Le consommateur reste libre d’acheter tel ou tel produit…

S’il a toutes les informations requises pour faire un choix de manière rationnelle, il va être une sorte d’arbitre du marché et pourra ainsi faire valoir l’offre la plus intéressante et la plus conforme à ses intérêts. Mais tout le monde n’est pas à égalité, certains sont plus éclairés et ont davantage de moyens intellectuels et matériels, d’autres sont plus vulnérables. Globalement, on peut mieux comparer les offres grâce à Internet. Le consommateur peut aussi plus facilement avoir accès au e-commerce pour acheter des produits étrangers.

(Source www.liberation.fr)

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