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La sécurité sanitaire des aliments en France dans la tourmente ?

Le 2 avril 2019 est publié une « Infographie – La sécurité sanitaire des aliments » :

Les exploitants du secteur alimentaire sont responsables des produits qu’ils placent sur le marché : ils mettent en œuvre les mesures adaptées pour fabriquer des produits sains et sûrs et ils doivent en rendre compte aux autorités de contrôle du ministère (DGAL), qui effectuent des inspections.

Tour de passe passe et coup de com

Dans un article sur ce document, j’avais indiqué qu’il y avait un étonnant tour de passe passe sur le nombre d’inspections sur la sécurité des aliments, étonnant, non ?

Dans son bilan 2018, la DGAL indiquait 57 800 inspections, dès lors pourquoi écrire … 75 000 inspections en sécurité des aliments … comment cela peut-il se justifier, mis à part un coup de com ?

Le 26 avril 2019, et après moult tergiversations, voir 1 et 2, le ministère de l’agriculture se résout à annoncer une « Lancement d’une mission inter-inspections sur l’organisation du contrôle de la sécurité sanitaire des aliments », le tout étant signé par une cohorte de quatre ministres, c’est dire la soit disant importance du sujet …

Car n’en doutez pas,

La sécurité sanitaire de notre alimentation est une mission de service public majeure, que le Gouvernement souhaite renforcer. Il s’agit à la fois d’un enjeu de santé publique, mais aussi de développement économique et de rayonnement international.

Ce serez bien si on avait des preuves de ce qui est avancé …

Malheureusement, le site du ministère de l’agriculture se contente de fournir le laconique communiqué de presse des quatre ministres, en omettant de citer la lettre de mission, « Mission sur l’organisation des contrôles relatifs à la sécurité sanitaire des aliments », qui, elle, est bien présente sur le site de la DGCCRF, déjà une guéguerre de com avant l’heure …

Morceaux choisis :

L’introduction est en quelque sorte « bienvenue chez les bisounours » ou on découvre l’eau chaude,

Notre système de contrôles officiels de la sécurité sanitaire des aliments doit faire face à des risques alimentaires évolutifs dans leur nature et leur intensité :

• en sus des risques microbiologiques, notre sécurité sanitaire des aliments doit faire face à des risques émergents (additifs, contaminants, nanoparticules, huiles minérales, etc.) ; 

• la multiplicité des facteurs de risque et l’incertitude sur la réalité des dangers et leur hiérarchisation contribuent à nourrir l’inquiétude des consommateurs ; 

• l’évolution de l’environnement économique, l’ouverture des marchés, l’augmentation des flux commerciaux et la segmentation complexifient l’exercice du contrôle et des mesures à prendre en cas d’alerte.

Là c’est carrément, l’hôpital qui se fout de la charité, qui a réduit le nombre de contrôles et d’inspections et qui rend la situation à peine maîtrisable ?

On semble découvrir les dangers et les risques, mais si le gouvernement avait eu une démarche basée sur la science, on n’en serez peut-être pas là, mais bien au contraire, le gouvernement adopte à chaque problème santé et ou de sécurité sanitaire des aliments rencontré une démarche politique, « on interdit », démarche qui flatte les « marchands de peurs » … [NDLR Avis de l’auteur de l’article]

Bref, cette introduction s’inquiète d’une situation qui est bien connue depuis très longtemps et qu’on n’a pas voulu voir !

Quadrature du cercle

Il est noté :

Dans certains cas, notamment dans les établissements de remise directe (métiers de bouche, restauration collective), la pression de contrôle n’est pas aussi élevée qu’au sein d’autres Etats-membres de l’Union européenne.L’aveu est de taille, mais les établissements de restauration commerciale sont oubliés, étonnant, non ?
Vous étudierez les options envisageables pour répondre aux attentes des consommateurs et garantir la conformité aux exigences européennes, au regard des aspects suivants :

• efficacité de l’exercice des missions ;

• clarté de l’organisation et répartition des compétences entre les structures ;

• lisibilité pour le consommateur ;

• modalités de déploiement de l’option préconisée

Les trois options suggérées fortement ont été cités dans un précédent article, ici, pas de grand changement à attendre ?

Ce qui est attendu ressemble à s’y méprendre à la quadrature du cercle,

Votre analyse présentera les avantages et inconvénients de chaque option, notamment en matière de coût pour les finances publique, les voies de financement, d’impact sur les synergies dans la conduite des contrôles et le maintien de la compétence des agents, y compris dans les laboratoire. L’impact sur l’efficacité de la gestion des alertes devra être évalué. Vous établirez un comparatif avec le système de sécurité sanitaire des aliments mis en place dans les différents Etats-membres en identifiant les bonnes pratiques permettant d’améliorer l’efficacité globale de notre système.Il faudra faire du neuf avec du vieux car attention au coût pour les finances publique …

Et pourtant comme je l’ai expliqué dans l’article du 25 décembre 2018, « La sécurité des aliments est-elle une variable d’ajustement de la politique économique de la France ? »

Les exemples de dysfonctionnements évoqués dans cet article sont nombreux, c’est à méditer, et malheureusement la situation en 2019, en particulier, au sujet des rappels, qui sont la façon la plus concrète pour le consommateur de voir ce qui se passe en matière de sécurité des aliments, s’est considérablement dégradée … nous en reparlerons bientôt avec le bilan catastrophique d’avril des avis de rappels des produits alimentaires …

A suivre …
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par Albert Amgar*

* Albert Amgar a été pendant 21 ans le dirigeant d’une entreprise de services aux entreprises alimentaires ; il n’exerce plus aujourd’hui, car retraité. Au travers de son blog il nous a livré des informations dans le domaine de l’hygiène et de la sécurité des aliments.