Mardi 31 octobre, les ministres de la Santé, de l’Agriculture et de l’Économie ont acté la mise en place du logo Nutri-score, qui peut être apposé de façon facultative sur les emballages alimentaires.

C’est la fin d’un parcours semé d’embûches pour le logo nutritionnel à 5 couleurs. Mardi 31 octobre, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation et Benjamin Griveaux, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances ont signé l’arrêté relatif à la mise en place du logo Nutri-score sur la face avant des emballages alimentaires. Si le logo reste facultatif et repose sur le volontariat des entreprises, six marques – Auchan, Leclerc, Intermarché, Fleury Michon, Danone et Mc Cain – s’apprêtent déjà à le mettre en place.

Pour le Pr Serge Hercberg, c’est «une véritable avancée en termes de santé publique». C’est sur la base des travaux de l’équipe de ce chercheur en épidémiologie nutritionnelle à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) que le logo a été conçu. Il prend la forme d’une échelle de 5 couleurs (du vert foncé au orange foncé), associée à des lettres allant de A («meilleure qualité nutritionnelle») à E («moins bonne qualité nutritionnelle»).

Quels calculs se cachent derrière ce logo nutritionnel? Un score est attribué à chaque produit en fonction de la part de nutriments dont la consommation excessive nuit à la santé (le sel, les sucres et les acides gras saturés) et ceux bons pour la santé (protéines, fibres, quantité de fruits, légumes ou légumineuses incorporés dans la recette). Le score obtenu est ensuite traduit en une lettre et une couleur associée. En un coup d’œil, le consommateur peut ainsi évaluer la qualité nutritionnelle d’un produit. Autre avantage: le logo permet de distinguer, au sein d’une même gamme de produits, celui qui présente la meilleure ressource nutritionnelle. Par exemple au rayon apéritif, les tortillas sont mieux classées que les chips, elles-mêmes mieux classées que les soufflés au fromage.

Aboutissement d’un long parcours

La proposition d’apposer un logo nutritionnel simplifié sur les emballages alimentaires ne date pas d’hier. En effet, cette idée avait été soulevée dès novembre 2013. La loi Santé de janvier 2016 en avait par la suite fait une priorité. Encore fallait-il savoir quel logo choisir! Entre septembre et décembre 2016, une expérimentation dans 40 supermarchés répartis sur tout le territoire métropolitain avait comparé l’efficacité de 4 logos. L’un d’eux, le logo SENS, était le grand favori de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) puisqu’il n’empruntait pas la couleur rouge, trop négativement connotée.
L’expérimentation, entachée de conflits d’intérêts, avait finalement donné vainqueur le logo Nutri-score. En mars 2017, l’ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine en avait fait l’annonce de manière officielle. L’Union européenne en avait été informée dans la foulée, puisque le Parlement européen devrait statuer dans les mois à venir sur le choix d’un étiquetage nutritionnel simplifié unique pour l’ensemble du marché européen.

(Source lefigaro.fr)

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