Publiée lundi 11 février dans la revue de l’Association médicale américaine, Jama Internal Medicine, une étude française NutriNet-Santé apporte de nouvelles informations sur les effets des aliments ultra-transformés sur la santé.

NutriNet-Santé

De plus en plus de preuves indiquent qu’un apport élevé en aliments ultra-transformés est associé à une incidence plus élevée de maladies non transmissibles. Cependant, à ce jour, l’association entre la consommation d’aliments ultra-transformés et le risque de mortalité n’avait jamais été étudiée.

« Evaluer le lien entre la consommation d’aliments ultra-transformés et le risque de mortalité toutes causes confondues » tel était l’objectif ambitieux de l’étude NutriNet-Santé (lire ici) qui a sélectionné des adultes de 45 ans ou plus et les a suivi de mai 2009 à décembre 2017.

Les ultras

Le groupe des aliments ultra-transformés (du système de classification des aliments NOVA), sont caractérisés par des formulations « prêtes à consommer » ou « à réchauffer », constituées principalement d’ingrédients généralement combinés à des additifs.

Les procédés de  fabrication de ces produits dits  ultra-transformés comprennent le salage, la sucrerie, la cuisson au four, la friture, la friture, le séchage, le fumage, le marinage, la mise en conserve, ainsi que l’utilisation fréquente de conservateurs et d’additifs et  l’ajout de vitamines synthétiques et de minéraux.

Prêts à consommer ou prêts à chauffer, accessibles, pratiques et attrayants, la plupart des ultra-transformés sont souvent appelés « fast » ou « plats cuisinés ». Ils sont formulés pour réduire la détérioration microbienne (« longue durée de vie »), être transportables sur de longues distances, être extrêmement agréables au goût (« haute qualité organoleptique ») et souvent pour créer des habitudes alimentaires. Ils sont généralement conçus pour être consommés n’importe où: dans les établissements de restauration rapide, à la maison au lieu de plats et de repas préparés, en regardant la télévision, au bureau ou ailleurs au travail, dans la rue ou en conduisant. Leur transformation est généralement effectuée par des fabricants de produits alimentaires, ou encore par des traiteurs (tels que des magasins de burgers) ou des détaillants en alimentation (tels que des boulangeries).

Exemples : Confiserie, biscuits, gâteaux, crèmes glacées, boissons gazeuses, jus sucrés et produits laitiers sucrés, saucisses, nuggets de poulet, poisson pané et autres plats congelés prêts à consommer, chips, produits secs comme les préparations pour gâteaux, soupes en sachets, nouilles instantanées, sauces et « vinaigrettes », et une infinité de produits comme les snacks emballés, les céréales du petit déjeuner, les barres de céréales, les « energy drinks », les pizzas surgelées ou pas, les substituts du sucre, édulcorants, sirops (sauf sirop d’érable 100%). A noter que pains et produits de boulangerie deviennent ultra-transformés quand, en plus de farine de blé, levure, eau et sel, ils comprennent des substances non utilisées dans les préparations culinaires comme les graisses végétales hydrogénées, les protéines de petit lait, le gluten, les émulsifiants et d’autres additifs. (Source lanutrition.fr)

Une augmentation de 10%

Dans cette étude portant sur 44 551 Français âgés de 45 ans et plus, une augmentation de 10% de la proportion de consommation d’aliments ultra-transformés est associée de manière significative à un risque de mortalité toutes causes confondu de 14%.

Une augmentation de la consommation d’aliments ultra-transformés semble donc être associée à un risque de mortalité global plus élevé chez cette population adulte. Cependant comme le signale la conclusion de NutriNet-Santé, d‘autres études prospectives seront nécessaires pour confirmer ces résultats et démêler les divers mécanismes par lesquels les aliments ultra-transformés peuvent affecter la santé.


par
Franck Valayer
Fondateur et Directeur de publication de Oulah!