« Irlande : Un audit chez plusieurs distributeurs publié », source Food Safety Authority of Ireland (FSAI) du 4 septembre 2018.

Malheureusement ça ne se passe pas en France, mais en Irlande, où l’on aurait pu savoir pourquoi des distributeurs ne diffusent pas d’avis de rappel sur leur site Internet voire même sur le lieu d’achat… j’y reviendrais en fin d’article…

La FSAI publie un audit de plusieurs distributeurs, axé sur le management efficace des incidents alimentaires par de nombreux distributeurs aux niveaux national et local. La FSAI a la responsabilité générale de l’application de la législation alimentaire en Irlande. Elle effectue des audits ciblés des entreprises du secteur alimentaire afin de déterminer le niveau de conformité avec la législation alimentaire en vigueur et l’efficacité de sa mise en œuvre.

Le règlement (CE) n°178/2002 exige que les exploitants du secteur alimentaire s’assurent que toutes les denrées alimentaires sous leur contrôle, à tous les stades de la production, de la transformation et de la distribution, satisfont aux exigences de la législation alimentaire et que des denrées alimentaires ne sont pas mises sur le marché si elle sont dangereuses, c’est-à-dire nuisibles pour la santé ou impropres à la consommation humaine. Lorsqu’un exploitant du secteur alimentaire trouve qu’un aliment qu’il a mis sur le marché n’est pas conforme aux exigences de la législation alimentaire, il doit immédiatement prendre des mesures pour retirer l’aliment du marché et informer les autorités compétentes. Dans les cas où le produit peut avoir atteint le consommateur final, l’exploitant du secteur alimentaire doit informer efficacement et précisément les consommateurs de la raison du rappel du produit du marché.

Les objectifs de l’audit étaient d’évaluer la façon dont les divers distributeurs gèrent les incidents alimentaires, y compris les rappels et les retraits, conformément à la législation sur les aliments ; de vérifier que les multiples distributeurs communiquent efficacement avec leurs magasins et leurs centres de distribution et diffusent ces informations vers leurs magasins et centres de distribution et, le cas échéant, vers d’autres entreprises du secteur alimentaire, les consommateurs et les autorités compétentes ; et d’examiner quels contrôles les multiples distributeurs demandent aux fournisseurs de leurs propres produits à marque distributeur afin de vérifier la conformité avec la législation alimentaire, par exemple du point de vue microbiologique, chimique et de l’authenticité ; de confirmer que des mesures appropriées et efficaces ont été prises par le fournisseur et les divers distributeurs lorsque le résultat des analyses n’est pas satisfaisant.

En résumé, au niveau des magasins, six des quatorze (43%) magasins de trois exploitants du secteur alimentaire visités avaient 20 points qui nécessitaient des mesures correctives pour résoudre les problèmes identifiés lors de l’audit. Dans huit magasins (57%), l’audit n’a rien trouvé et ils se sont avérés conformes aux exigences du règlement (CE) n°178/2002. De manière significative, quatre de ces six magasins avec des aspects à corriger n’avaient aucune procédure en place pour traiter efficacement le retrait ou le rappel d’une denrée alimentaire fournie « localement ». Deux de ces six magasins ne disposaient d’aucune procédure pour informer les autorités compétentes du rappel d’un produit fourni localement, et un magasin n’était pas au courant de son obligation légale d’informer les consommateurs du rappel du produit (par exemple, en affichant au point de vente un avis de rappel (affichette en France –aa) informant les consommateurs d’un rappel de produit et la raison de ce rappel.

Suite à ces audits dans lesquels des non-conformités aux exigences légales ont été identifiées, l’exploitant du secteur alimentaire a été informé de ces non-conformités et a été contraint de mettre en œuvre des actions correctives qui ont été examinées par l’agence officielle de supervision.

 

Retour en France où l’on sait que la communication à propos des rappels est à géométrie variable – voir Scènes de la vie quotidienne de la sécurité des aliments en France : quelques curiosités à propos de la communication des avis de rappel.

Autre aspect après les dysfonctionnements chez à peu près tout le monde constatés dans le rappel des produits infantiles de chez Lactalis : certes, il y a eu un Rapport de la Commission d’enquête chargée de tirer les enseignements de l’affaire Lactalis et d’étudier à cet effet les dysfonctionnements des systèmes de contrôle et d’information, de la production à la distribution, et l’effectivité des décisions publiques… mais qu’en est-il du résultat de l’audit de ces distributeurs et si audit il y a eu ?

Parmi les sites Internet des distributeurs :

  • Au niveau national, on peut dire qu’Auchan, Intermarché et Carrefour ont un site Internet dédié aux rappels et font à peu près correctement le job, même si souvent pour Carrefour et Intermarché, la date initiale du rappel n’est pas mentionnée et que pour ces trois distributeurs, la cause du rappel est parfois imprécise…
  • Lidl signale ses avis de rappel en page d’accueil.
  • E. Leclerc oscille entre le moins bon et le meilleur…
  • Système U (enseigne adepte du marketing de la sécurité des aliments) a une page Internet pour les avis de rappel, mais l’on peut raisonnablement se demander quand elle fonctionne…
  • Monoprix a la palme de la non-information sur les avis de rappel. Ainsi cette enseigne continue d’afficher sur une page Internet dénommée Service Client, le rappel de jambon Monoprix en raison de la présence de Listeria monocytogenes datant de… février 2018…

Rappelons enfin au niveau des rappels en France, que l’année 2018 est en train de devenir une année record, et cela n’est pas mieux au niveau des notifications au RASFF de l’UE pour les produits d’origine France, voir ici…

C’est ainsi qu’au 13 septembre 2018, sauf erreur ou omission de ma part, il y a eu en France :

Ces chiffres donnent une idée de l’étendue des rappels mais ne sont en aucun cas exhaustifs.

La date de la publication des avis de rappels est importante et là aussi les associations de consommateurs sont, comme souvent, avec nos autorités de tutelle, en retard…

On voit bien que malgré leurs efforts, les associations de consommateurs ne sont pas dans le coup s’agissant des avis de rappels de produits alimentaires ; s’occuperaient-elles d’autre chose ?

par Albert Amgar*

* Albert Amgar a été pendant 21 ans le dirigeant d’une entreprise de services aux entreprises alimentaires ; il n’exerce plus aujourd’hui, car retraité. Au travers de son blog il nous a livré des informations dans le domaine de l’hygiène et de la sécurité des aliments.