Le 24 avril 2019, j’ai publié un article « Sécurité des aliments : Que veut faire le gouvernement de la DGCCRF ? »

Voici donc l’acte II, avec ce communiqué du 26 avril 2019, un communiqué de quatre ministères, Ministère des solidarités et de la santé, Ministère de l’économie et des finances, Ministère de l’intérieur et Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, « Lancement d’une mission inter-inspections sur l’organisation du contrôle de la sécurité sanitaire des aliments ».

La mission

Les quatre ministères « missionnent les inspections générales de leurs ministères (Solidarités et Santé, Économie et Finances, Intérieur, Agriculture) pour améliorer l’organisation du contrôle de la sécurité sanitaire des aliments. »Vous avez bien lu, la mission concerne « l’organisation du contrôle de la sécurité sanitaire des aliments », et non pas, le nombre de contrôles de la sécurité sanitaire des aliments qui a baissé drastiquement depuis  (au moins depuis 1982) … l’évidence connue de tout le monde éclate enfin au grand jour, mais pourtant, on connaît les responsables !

Avec ce qui va suivre, franchement, il est interdit de rire et encore moins de sourire, mais on se fout de nous …

La sécurité sanitaire de notre alimentation est une mission de service public majeure, que le Gouvernement souhaite renforcer. Il s’agit à la fois d’un enjeu de santé publique, mais aussi de développement économique et de rayonnement international.

La restructuration

Dans le texte qui suit la DGCCRF est mentionnée en gras, signe que c’est elle qui est concernée par la restructuration en cause, si restructuration, il y a …

La sécurité sanitaire des aliments fait intervenir de nombreux acteurs, au premier rang desquels la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), la direction générale de l’alimentation (DGAL), les services déconcentrés de l’État, les entités publiques chargées de la vigilance, de l’évaluation, de l’élaboration des politiques publiques et de la réglementation ainsi que de la mise en œuvre des contrôles et de la gestion des alertes et des entreprises.

Après un certain temps ou un temps certain, on apprend :

Plusieurs épisodes récents ont montré que l’organisation de cette mission pouvait être encore améliorée, afin notamment de mieux répondre aux attentes légitimes des consommateurs et des citoyens. Le Gouvernement entend également donner suiteaux recommandations du rapport de M. Besson-Moreau, issu de la commission d’enquête parlementaire chargée de tirer les enseignements de l’affaire Lactalis ainsi que celles de la Cour des Comptes dans son dernier rapport public sur l’organisation des contrôles.

Le terme langue de bois « attentes légitimes des consommateurs », il faut bien dire que ça fait un moment que les consommateurs attendent …

Clarté et lisibilité ?

En conclusion, le communiqué indique :

C’est pourquoi le Gouvernement souhaite que soient approfondies les voies permettant d’améliorer l’organisation du contrôle de la sécurité sanitaire, en particulier au regard de critères d’efficacité et d’efficience, de clarté et de lisibilité, en lançant une mission inter-inspections dont le rapport devra être remis à l’été

La demande de clarté et de lisibilité est la bienvenue, mais n’est-elle pas comme la baisse des impôts, peut-on raisonnablement y croire ?

Quant à l’efficience, c’est promis juré, la guerre des polices ou des chapelles sera donc finie?

Enfin, l’efficacité n’est-elle pas liée au nombre de contrôles et d’inspections ? Il faudrait surtout mettre fin à ce que disait le ministre de l’économie, « les restaurants sont contrôlés une fois tous les 20 ans » …

Attendons donc de voir ce que vont nous concocter ce panel d’inspecteurs généraux … avant le 21 juin …
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par Albert Amgar*

* Albert Amgar a été pendant 21 ans le dirigeant d’une entreprise de services aux entreprises alimentaires ; il n’exerce plus aujourd’hui, car retraité. Au travers de son blog il nous a livré des informations dans le domaine de l’hygiène et de la sécurité des aliments.