Le blog de SignalConso nous narre ses états de service … au travers quelques exemples dont on ne sait pas si cela est réel ou une œuvre de pure fiction, à vous de voir … en voici deux exemples choisis:

Ratatouille ?

Commençons par un exemple simple : dans un supermarché, un consommateur a aperçu un rat dans le magasin. Pire encore, il a constaté qu’un sachet de pain de mie disponible en rayon était complètement rongé ! Il a prévenu le service consommateur de ce magasin, mais apparemment, ce n’était pas suffisant. Il a donc fait un signalement sur SignalConso. Opération réussie pour ce consommateur, qui a reçu quelques jours après une réponse de la directrice du magasin. Elle y détaille les mesures prises suite au signalement.

Au programme :

• intensification des actions du prestataire en charge de la dératisation des locaux
• mise en place d’actions « choc nettoyage » aussi bien dans le magasin que dans les réserves
• sensibilisation du responsable du magasin ainsi que de ses équipes sur le maintien de l’hygiène et de la propreté dans tous les locaux.

La directrice a promis que tout serait mis en œuvre pour se débarrasser de la présence des rongeurs.
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Je ne suis pas un spécialiste de la lutte contre les nuisibles, mais je ne partage pas l’optimisme de cette directrice car je ne suis pas certain du tout que ces actions soient de nature à enrayer l’action des nuisibles.

Pour ma part, j’aurais envisagé les mesures suivantes car les nuisibles ne viennent pas par hasard :

• Fermeture administrative ou volontaire du magasin le temps que les actions d’une société de lutte contre les nuisibles intervienne.
• Opération de nettoyage et désinfection des locaux du magasin et dans les magasins de stockage.
• Sensibilisation du responsable du magasin ainsi que de ses équipes à la fermeture des portes, notamment celles donnant sur l’extérieur, fermeture des poubelles et absence de déchets alimentaires présents au sol.

Comme le signale Pierre Falgayrac dans un récent article sur son blog, il possible d’établir une ceinture de boites avec rodenticides tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, mais cela ne sert absolument pas à « éviter toute infestation de rongeurs ou pour détecter l’activité de rongeurs ! » 

Pour une raison très simple : Tant que les sources de nourriture habituelles des rats leur sont toujours accessibles, l’appâtage permanent n’a aucune utilité et génère des phénomènes de résistance.

On lira dans ce sens le livre de Pierre Falgayrac, Le Grand Guide de lutte raisonnée contre les nuisibles ou bioagresseurs urbains – Nouvelle édition.

Un dernier mot sur la fréquence des visites des opérateurs, l’article de Pierre Falgayrac indique,

La fréquence des visites devrait être laissée à la discrétion de l’opérateur, à la lumière des évaluations des risques effectuées au début du traitement. La grande diversité des sites infestés par les rongeurs exclut toute fréquence stricte. Cependant, les sites traités devrait être visité au minimum une fois par semaine.

Une éventuelle enquête

Autre exemple choisi par SignalConso :

Il arrive aussi que le commerçant signalé estime que le signalement est infondé. Direction le sud de la France pour découvrir un cas de ce type. Un consommateur se rend dans un restaurant et estime que les normes d’hygiène ne sont pas respectées : propreté des lieux, qualité de la nourriture suspecte, pratiques d’hygiènes douteuses… Il dépose un signalement sur SignalConso.

La gérante du restaurant lui répond qu’elle est choquée de lire ce commentaire ! Elle dit être très à cheval aussi bien sur la propreté que sur les pratiques d’hygiènes de son établissement. Elle dit ne pas comprendre l’origine de ce signalement.

En effet, un commerçant a le droit de contester un signalement. Il peut le qualifier d’« infondé » au moment d’y apporter une réponse. Quoi qu’en dise le commerçant ou le consommateur, le signalement est enregistré dans la base de données de la répression des fraudes, et les enquêteurs pourront l’utiliser pour déclencher une éventuelle enquête !
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Ce signalement est intéressant, car le consommateur n’a que des observations vagues, dans la droite ligne de ce qu’on trouve sur Tripadvisor, mais on peut se demander avec quels moyens humains la DGCCRF va-t-elle intervenir ?

Pour mémoire, le ministre de l’économie et des finances en juin 2018, selon ce blog,

« Je ne pense pas que ce soit le rôle de la DGCCRF (.) d’aller contrôler chaque restaurant, chaque bar en France », a déclaré le ministre de l’Economie. « Les restaurants sont contrôlés en moyenne une fois tous les vingt ans », a-t-il ajouté. « Si nous voulons vraiment un contrôle effectif (…), soit on augmente par centaines, par milliers les effectifs de la DGCCRF et on aura la possibilité d’avoir un contrôle effectif de l’hygiène dans tous les restaurants, mais cela me semble peu réaliste, soit on externalise, et c’est la proposition que je fais, quitte à ce que cette externalisation puisse être financée par des contributions des établissements concernés ».

J’ai pour ma part une demande pour SignalConso, peut faire un signalement pour que nos autorités sanitaires informent les consommateurs des avis de rappel des produits alimentaires ?

J’attends avec impatience la réponse …

Sur la saga SignalConso, on lira Signal Conso, Non Merci !, mais aussi « Signal Conso ou comment le service public fait travailler les consommateurs à sa place » de Franck Valayer du site d’Oulah!


par Albert Amgar*

* Albert Amgar a été pendant 21 ans le dirigeant d’une entreprise de services aux entreprises alimentaires ; il n’exerce plus aujourd’hui, car retraité. Au travers de son blog il nous a livré des informations dans le domaine de l’hygiène et de la sécurité des aliments.