Le préservatif féminin, méthode contraceptive qui protège à la fois des grossesses non désirées et des IST (Infections Sexuellement Transmissibles), n’échappe pas aux rappels de produit comme bon nombre de biens de consommation courante.

En vente dans le pharmacies, vous pouvez également en trouver gratuitement dans les centres de planification et les CeGIDD (Centres Gratuits d’information, de Dépistage et de Diagnostic).

Ce mercredi 6 février 2019, l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) annonçait le rappel et retrait de lot de préservatifs féminins commercialisés par la société BONG et distribués par la Ville de Paris, par le biais d’une alerte sur son site avec notamment le partage d’un courrier de la ville de Paris (voir le courrier)

Environ 2 mois

La lecture de ce courrier met en évidence une chronologie des événements qui nous amène à nous interroger.

• 12 & 18 DECEMBRE 2018
Le docteur Houria Mouas, cheffe du bureau de la prévention et des dépistages à la sous-direction de la santé de la mairie de Paris, adresse des mails pour informer que  des incidents ont été signalés par un Centre de planification et d’éducation familiale associatif.

• 12 DECEMBRE 2018
Une déclaration de matériovigilance est adressée à l’ANSM par la ville de Paris afin de déterminer les suites à donner à ce dossier. Cette déclaration permet de signaler Tout incident ou risque d’incident grave  ayant entraîné ou susceptible d’entraîner la mort ou la dégradation grave de l’état de santé d’un patient, d’un utilisateur ou d’un tiers mettant en cause un dispositif médical. (voir exemple de formulaire à remplir)

• 18 JANVIER 2019
Le bureau de la prévention et des dépistages à la sous-direction de la santé de la mairie de Paris informe par mail, qu’une procédure de rappel de lot allait être lancée et qu’il convient d’en informer les usagers par voie d’affiche ainsi que par tout autre moyen, à la convenance de chacun, permettant d’en assurer la diffusion la plus large possible.

Cette info est également diffusée sur le site de la ville de Paris.fr et Sida Info Services.

Notons que Sida Info Service a partagé l’info le 17 janvier 2019 sur sa page Facebook, 1 jour avant de recevoir le mail du bureau de la prévention et des dépistages. Bien joué !

De son côté, la ville de Paris n’a pas du juger utile de faire trop d’efforts pour informer les utilisatrices des préservatifs féminins qui pourraient avoir utilisé le lot incriminé.
En effet, aucune trace de ce rappel sur la page Facebook de la ville (avec quand même plus de 3 millions d’abonnés) , ni sur son compte Twitter qui compte pas moins de 2M de followers.

Par contre, si vous êtes curieux, vous trouverez l’info sur le site internet de la Ville de Paris.
Pas sur la page « Actualités » car ce serait trop simple mais sur la page … (alors là, il faut s’armer de patience car c’est un véritable parcours du combattant)  :

« Accueil > Services et infos pratiques > Santé > Prévention et dépistage > Centres de dépistage »
« Accueil > Services et infos pratiques > Santé > Prévention et dépistage > Sexualité et contraception ».

Vous l’aurez compris le rappel des préservatifs féminins ce n’est pas très vendeur alors on fait le strict minimum en terme de communication.
Et c’est bien dommage pour une ville qui veut être la ville de l’amour sans SIDA.

• 30 JANVIER 2019
l’ANSM décide la suspension de mise sur le marché, de distribution, d’importation, d’exportation et d’utilisation des préservatifs féminins fabriqués et mis sur le marché par la société chinoise Tianjin CondomBoa Medical Polyurethane Tech.co ltd et distribués par la société Bong, ainsi que le retrait de ces produits.

• 4 FEVRIER 2019
La ville de Paris a adressé ce courrier. (voir le courrier)

• 6 FEVRIER 2019
Enfin, l’ANSM annonce l’alerte sur son site suite à sa décision du 30 janvier 2019 (voir ci-dessus)

Plus c’est long, moins c’est bon

Il aura fallu plus d’un mois entre la déclaration de matériovigilance, adressée à l’ANSM, par le docteur Houria Mouas et l’annonce qu’une procédure de rappel de lot allait être lancée.
Que le temps semble long dans ce cas-là …

Mais pourquoi ?
Alors biensûr, cela tombe mal car les vacances de Noël approchent et que les fêtes de fin d’année vont s’enchaîner mais bon cela ne justifie pas une telle lenteur.

Les tests sur les produits incriminés prennent-ils autant de temps que ça à effectuer ?

De plus, d’autres questions sont sans réponses pour l’instant :
Depuis quand ce lot de préservatifs est distribué ?
Combien de préservatifs distribués ?


par
Franck Valayer
Fondateur et Directeur de publication de Oulah!