De la comm, comme d’habitude…

Selon 20 minutes.fr,

Le ministère français a d’ailleurs indiqué avoir eu connaissance de l’information « par la presse », puis avoir été informé via le Réseau d’Alerte Européen (RASFF) que neuf entreprises étaient destinataires de lots de viandes incriminés.

Selon ce que j’ai lu sur un communiqué du ministère de l’agriculture aujourd’hui ‘disparu’, il s’agissait du 30 janvier 2019 (NDLR Ce propos n’engage que son auteur). Comme à son habitude, le ministère adapte sa com en effaçant les communiqués précédant, c’est imparable et certain d’avoir toujours la bonne réponse …

Cela étant, une notification au RASFF par la Pologne date du mardi 29 janvier 2019,référence 2019.0311, que chacun peut vérifier.

On peut lire aussi que la France a demandé des explications une fois le 30 janvier et deux fois le 31 janvier 2019.

Le site de 20 minutes poursuit,

Gros mystère pour l’instant. Sur les 800 kilos arrivés en France « plus de 500 kilos » avaient été retrouvés à la mi-journée par les services sanitaires du ministère et détruits, a précisé la Direction générale de l’alimentation (DGAL) sur le site du ministère. Pour le reste, « on ne sait pas s’ils sont partis dans le commerce, cela a pu rester dans des frigos », a dit le ministre, interrogé ce vendredi matin sur CNews, estimant que les entreprises françaises avaient été « dupées ». Des enquêtes sont menées par les directions départementales en charge de la protection des populations (DDPP) dans les neuf établissements ciblés, qui « pour la plupart n’exercent qu’une activité de négoce sans manipulation des viandes » selon le ministère.

La nouvelle com du ministère est désormais la suivante à propos de Viandes polonaises frauduleuses : état des investigations menées en France.

La Commission européenne nous a alertés mercredi de la présence de viande de bœuf frauduleuse provenant d’un abattoir en Pologne. 13 pays européens sont concernés. Sur 2,7 tonnes exportées par la Pologne, 795 kg de viande ont été vendues en France.

On sait désormais que ce n’est pas mercredi mais mardi que la notification au RASFF de l’UE a eu lieu, et 14 pays européens, y compris la Pologne, sont concernés …

Les services du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation ont identifié hier les 9 entreprises de négoce qui ont reçu en première intention cette viande frauduleuse.Des enquêtes des services vétérinaires ont été organisées sans délai. Les investigations sont conduites par les directions départementales en charge de la protection des populations.Les résultats des investigations font état, ce vendredi 1er février en fin journée, de 650 kg retrouvés sur les 795 kg. Parmi ces 650 kg, 500 kg ont été détruits et 150 kg ont été vendus au consommateur via notamment des boucheries.Ces boucheries ont mis en place dès cet après-midi des affichettes pour informer leurs clients. Ces rappels sont justifiés par la fraude et le non-respect de la réglementation.Aucune viande frauduleuse n’a été, à ce stade, retrouvée dans les circuits de la grande distribution.
Enfin, les équipes du ministère sont mobilisées pour poursuivre les recherches sur les 150 kg restants.

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Quelle efficacité ?

Un peu de bla bla pour finir,

« Je m’engage à informer en toute transparence de l’état d’avancement des investigations. La rapidité avec laquelle les investigations sont menées souligne l’efficacité de notre dispositif de traçabilité et de contrôle sanitaire en France ». Didier Guillaume, ministre de l’agriculture et de l’alimentation.

Où est l’efficacité de notre dispositif de contrôle sanitaire en France, puisque la viande est entrée comme une lettre à la poste …

Enfin, Un film secret montre des vaches malades abattues pour leur viande en Pologne. Ce film fait craindre des risques graves pour la santé d’un grand pays exportateur de l’UE, selon The Guardian du 27 janvier 2019.

« Cela semble vraiment être une activité criminelle bien organisée et bien orchestrée. Il sera extrêmement difficile, voire impossible, de savoir où est allée toute cette viande… Pour ce qui est de savoir si une partie de cette viande aurait pu entrer au Royaume-Uni, la réponse est que je n’en ai aucune idée. Dans le passé, lorsque j’examinais de la sorte les chaînes d’approvisionnement illicites, elles allaient toujours très loin, car il y avait beaucoup d’intermédiaires dans différents pays qui manipulaient cette viande, essayant de l’introduire dans des chaînes d’approvisionnement véritables. »

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Pendant ce temps en Pologne

Et en Pologne même, la question de savoir si les allégations aboutiront à des mesures réglementaires strictes, mesures réglementaires qui, selon les observateurs, avaient fait défaut la dernière fois qu’un tel scandale a éclaté, reste posée.

« Nous sommes inquiets que la même chose se passe, comme toujours », a déclaré Tomasz Patora de Superwizjer, « que les autorités essaieront d’affirmer qu’il s’agit d’un incident isolé et qu’elles ne sont pas en faute, et que les choses vont revenir à la normale, comme toujours. »

Paweł Jakubczak, responsable de l’inspection vétérinaire de la région de Mazovie, a annoncé samedi que le vétérinaire désigné de l’abattoir et son supérieur hiérarchique au niveau du comté avaient été licenciés et que la police avait déjà ouvert une enquête.

« Je pense que la police, qui est déjà engagée dans ce dossier, n’essaiera pas d’expliquer le rôle des autorités de contrôle dans cette procédure criminelle illégale, répréhensible et carrément criminelle. »

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par Albert Amgar*

* Albert Amgar a été pendant 21 ans le dirigeant d’une entreprise de services aux entreprises alimentaires ; il n’exerce plus aujourd’hui, car retraité. Au travers de son blog il nous a livré des informations dans le domaine de l’hygiène et de la sécurité des aliments.