Depuis le début de l’année 2019, ce ne sont pas moins de 11 produits pour enfants qui ont été rappelés pour un taux de mélamine supérieur à la limite autorisée (contre 2 en 2018). Si ce nombre parait dérisoire par rapport à d’autres rappels, il n’en reste pas moins inquiétant au vu de ce que cache cette substance.

Libérer la ménagère

C’est dans les années 1950, que l’utilisation de la mélanine fait réellement son apparition auprès du grand public. Associée à du méthanal, elle forme une résine thermodurcissable censée, « libérer la ménagère » en transformant sa cuisine en un paradis qu’un simple coup de chiffon nettoyait. Depuis, redevenue à la mode, elle agrémente souvent les repas des enfants grâce à une vaisselle « design », multicolore et réputée incassable (ce qui arrange bien les parents).
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Peu d’infos

Même s’il existe très peu d’études en la matière, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) nous alerte, dès 2008, qu’en raison de l’usage très fréquent de la mélamine, y compris dans les matériaux en contact avec les denrées alimentaires, on peut en détecter de faibles teneurs dans les aliments » et certains pays, dont la France, ont fixé des limites légales en raison du transfert de la mélamine dans les aliments à partir des matériaux en contact.

Si la toxicité létale de la mélamine est faible, proche de celle du sel de cuisine, sa toxicité est néanmoins importante, à la suite d’exposition chronique. En particulier, il est observé, à la suite d’ingestion répétée de mélamine, une chute de la fertilité ainsi que de sérieuses complications rénales, notamment par la formation de calculs rénaux.

Selon une étude de chercheurs Taiwanais qui ont observé l’exposition à la mélamine dans des conditions normales d’utilisation d’ustensiles, « La vaisselle en mélamine peut libérer de grandes quantités de mélamine lorsqu’elle est utilisée avec des plats chauds. La quantité de mélamine libérée varie selon la marque utilisée et ces résultats ne sont peut-être pas généralisables de manière globale. Bien qu’on ne sache pas exactement quelle concentration urinaire de mélamine est clairement dangereuse, les conséquences à long terme de cette exposition sont préoccupantes. »

Selon le magazine monquotidienautrement.com,  » En Allemagne, l’Institut fédéral d’évaluation des risques déconseille d’ailleurs d’utiliser ces ustensiles à une température dépassant les 70°C ».
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Quel avenir ?

Si le Bisphénol A (reconnu comme perturbateur endocrinien par le comité des États membres de l’Agence européenne des produits chimiques) fut interdit en France à partir du 1er juillet 2015 dans tous les contenants alimentaires, la mélamine, elle, a de beaux jours devant elle. Non autorisée dans les produits destinés à l’alimentation humaine ou animale, mais finalement très réactive dans la vaiselle (en mélanine), vous l’aurez compris la mélamine n’est pas tout à fait « productum non grata » (NDLR : traduction latine approximative) dans notre quotidien de consommateurs.

De plus, en tant que produit à forte teneur en azote, la mélamine serait présente dans un certain nombre d’engrais. La mélamine elle-même n’est pas utilisée comme pesticide, bien qu’elle soit reconnue comme étant l’un des produits de dégradation du pesticide cyromazine.

De quoi faire réfléchir …
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par
Franck Valayer
Fondateur et Directeur de publication de Oulah!